Quand Juliette Binet promet monts et merveilles, elle tient parole. Son dernier livre s’ouvre sur un couple qui s’affaire autour d’un énorme colis qui, emballé dans un tissu rose, peine à passer par leur porte d’entrée. C’est imposant, volumineux, et en même temps, si léger et si fragile apparemment. Une aile de papillon, un pétale de fleur, une chrysalide ? Deux gros rochers gris en réalité. Une fois disposés dans leur salon, c’est finalement tout leur intérieur que le couple va repeindre et recréer, laissant entrer le monde extérieur en même temps qu’ils le créent. Voilà le soleil, les étoiles et le ruisseau qui naissent sous leurs mains et c’est tout leur for intérieur qui s’en trouve réinventé.
C’est curieux, joyeux. Qu’il est vivifiant, contagieux même, de regarder ce couple faire ensemble, faire corps et cœur pour changer de décor. Et tout cela, sans qu’un traître mot ne vienne troubler la beauté douce et graphique de ce tiers-lieu où cohabitent le monde du dehors et celui du dedans dans un seul et même temps.