La poésie peut-elle être encore contemporaine ? Peut-elle raconter, emporter, toucher au point de retrouver en quelques mots une part de soi ? Survivances voyageuses où s’emportent les fragments de graminées tenaces, s’accrochent quelques lignes à l’esprit qui emprunte les sentiers entre les mots. Un fil de soie détourne le lecteur d’un itinéraire trop convenu pour déchirer le voile pellucide tissé par l’inattendu qui piége les bourdonnements acouphènes de votre tête.
« Silex » est mon deuxième ouvrage, aussi singulier que le premier « Magmas ». Il est le sparadrap posé sur l’écorchure des genoux d’un petit garçon. Il est l’élément central d’un triptyque minéral Magmas/Silex/Golems.
Composé de petits textes courts, « Silex » est un livre tout en sensibilité, conçu pour piocher comme un gosse quelques fulgurances ou pour être parcouru au long cours comme un capitaine qui, sans cartes, renonce à ses caps. Livre inclassable, il oscille entre poésie, récit et philosophie pour conter le cheminement chaotique d’un enfant encagé dans les côtes de l’adulte dont il boxe le cœur.
L’adversité´ du nombre, de l’attendu, de la conformité´ à tenir une place que l’on choisit pour vous, inspire souvent la mélancolie tenace qui nourrit l’inconfiance de mal exister, avec au filigrane de la maigreur des parchemins légitimant notre adoubement social, la douleur de ne pas avoir su davantage et plus précocement renoncer au paradigme de confort de l’époque pour faire vivre ses rêves.