Briviste d’adoption, Laurent Soutenet a travaillé plusieurs années auprès de Jean Charbonnel député-maire de Brive, ancien ministre. Professeur agrégé d’histoire-géographie, il a dirigé parallèlement à son enseignement le Centre d’étude Edmond Michelet. Inspecteur d’académie-Inspecteur pédagogique régional honoraire, il préside la Fraternité Edmond Michelet. A ce titre, il a la responsabilité de la revue Fidélité et a contribué à plusieurs colloques scientifiques. Co-auteur d’Edmond Michelet, l’album d’une vie (Laffont 1996), il mène des recherches dans le cadre du Centre Edmond Michelet.
Né à Paris en 1899, Edmond Michelet adopte Brive après son mariage. Autodidacte, militant catholique, père de famille nombreuse, ce courtier en alimentation milite avant-guerre au sein de l’Action catholique, anime une Equipe sociale et fonde le Cercle Duguet. Avec ce dernier, il mène un combat intellectuel et moral contre le totalitarisme conquérant des années 1930. Les conférences qu’il organise en sollicitant des intervenants de premier plan souhaitent identifier « Les dangers qui menacent notre civilisation ». Elles portent d’une manière prémonitoire sur le « racisme, « l’antisémitisme », « L’Etat totalitaire », « Comment défendre la personne humaine en danger » etc.
Résistant de la première heure avec son tract de juin 1940, il devient le chef régional du mouvement « Combat ». Arrêté le 25 février 1943, il est emprisonné à Fresnes puis déporté à Dachau. Sa personnalité rayonnante marque fortement ses compagnons de misère. Responsable des Français du camp, il organise l’évacuation de ceux-ci. Il a relaté son expérience concentrationnaire dans un livre important : Rue de la Liberté.
A son retour en France, le général de Gaulle lui confie le ministère des Armées. Gaulliste, il est amené à quitter le M.R.P. et rejoint le R.P.F. dont il devient un des responsables. Député de Brive puis sénateur de Paris, il est à nouveau appelé au gouvernement lors du retour du Général au pouvoir. D’abord ministre des Anciens Combattants et Victimes de guerre, il devient ministre de la Justice- Garde des sceaux pendant la guerre d’Algérie. Par la suite, entre autres responsabilités, il est en charge comme ministre d’Etat, de la Fonction publique et de la Réforme administrative. Ministre d’Etat à nouveau, il succède à André Malraux aux Affaires culturelles et meurt à la tâche en 1970.
Ce catholique sincère et atypique, figure gaulliste ouverte, a su cultiver bien des amitiés diverses et a fortement marqué tous ceux qui l’ont connu. La ville de Brive fidèle à son souvenir lui consacre un musée-centre d’étude dans son ancienne maison familiale.